Test jeu vidéo
Publié le 11/05/2018 à 09h35 par Pikminouchon
Yakuza 6 : The Song of Life
8 /10
PLATEFORME
ÉDITEUR DU JEU VIDÉO

ACTION - AVENTURE

Voilà enfin le final tant attendu de la série Yakuza de Sega ! Plusieurs mois après sa sortie japonaise, l'éditeur japonais adapte pour l'occident la fin des aventures de Kiryu Kazuma, ex-Yakuza au grand c½ur, dans une version entièrement traduite en anglais. Tant pis pour les anglophobes et surtout dommage pour eux car ce titre excelle dans tous les domaines et peut être facilement considéré comme l'apothéose d'une série aussi variée qu'attachante.

Pour les nouveaux venus, Yakuza est un jeu d'action en open world (modeste toutefois), baignant dans l'univers de la mafia japonaise et en dépeignant les travers.

Vous incarnez toujours ce bon vieux Kiryu, dépassé par sa propre légende, désormais ex-taulard et ex-yakuza, pourtant poursuivi par ses démons... Toujours versé dans la bagarre, justicier au grand c½ur, ce personnage de fiction est très attachant et son récit balancera entre le tragique et le comique, cet épisode défrichant même des thèmes sociologiques où l'on ne l'attendait pas forcément dans un jeu grand public... A croire que ce chant du cygne avait des trucs à nous dire avant de tourner définitivement la page.

Yakuza 6 reprend exactement là où le 5 finissait : la jeune Haruka, élevée par Kiryu le yakuza, décide de quitter la scène idol au sommet de sa gloire, lors d'un ultime concert où elle revèle l'identité de son père adoptif... Souhaitant revenir à l'orphelinat fondé par Kiryu, mais poursuivi par des paparazzis, elle renonce finalement à une vie tranquille et finit par revenir à Tokyo. Entre temps, Kiryu est sorti de prison et va comprendre qu'en son absence beaucoup de choses ont changées !

Alors qu'il souhaitait la rejoindre à Okinawa, l'ex-mafieux part finalement à sa recherche dans le quartier chaud de Kamurocho, à Tokyo, alors qu'il s'était juré de ne plus jamais y remettre les santiags. Rapidement, il retrouvera la trace d'Haruka, mais pas comme il l'aurait souhaité : victime d'un étrange accident la laissant dans le coma, Kiryu apprend à sa grande stupeur que la jeune femme est désormais maman d'un bébé, Haruto ! En attendant qu'elle se rétablisse, direction la banlieue d'Hiroshima, Onomichi, à la recherche du mystérieux géniteur de l'enfant...

C'est donc un Kiryu aspirant à une vie tranquille et apaisé que l'on retrouve dans cet ultime épisode. Heureusement pour le joueur, les ennemis d'hier sont de retour ainsi que tout un tas de nouveaux "amis", tous fort bien modélisés !

Grâce au nouveau moteur 3D "Dragon", les visages sont superbement expressifs, les cheveux soyeux, les pores luisants...enfin, vous voyez le tableau ! Le gap technique avec Yakuza Kiwami est juste colossal : l'équipe de Toshiro Nagoshi a fait de l'excellent boulot et le niveau de détail est juste hallucinant. Grâce à la vue à la première personne, vous ne manquerez pas de vous attarder sur les décors du jeu, criant de réalisme (allez donc faire un tour sur les étals du combini du coin...). Une vraie petite carte postale du japon, faisant le grand écart entre la mégalopole Tokyoïte et le petit bled nippon (vive l'accent du Chugoku!). Cette ville portuaire fait d'ailleurs beaucoup penser à Yokozuka dans Shenmue 1 et ce clin d’½il n'est sans doute pas le fruit du hasard, Nagoshi ayant à l'époque ½uvré sur ce jeu précurseur à l'expérience ludique aujourd'hui mille fois dépassée.
En plus des superbes graphismes du jeu, un énorme travail a été fourni concernant l'ambiance sonore, afin d'offrir une parfaite immersion dans le quotidien nippon. Le casting vocal est également à la hauteur avec un doublage excellent et vivant (Takeshi "Beat" Kitano en guest, ça ne se refuse pas!), intégralement en japonais et omniprésent durant toute l'aventure. Enfin, l'OST du jeu est, pour sa part, constamment excellente avec des musiques toujours dans le ton (karaoké, vocaloid, enka...). Pas de doute, l'ambiance de ce jeu est formidable et envoûtante...
Question légitime : au bout de 6 épisodes, la série est-elle directement accessible aux nouveaux venus ? D'abord, dès la page de présentation du jeu, l'onglet "memories" permet de résumer la totalité des 5 épisodes précédents, histoire de bien se (re)mettre à jour. Ensuite, les allusions au passé de Kiryu sont certes nombreuses en cours de partie, mais l'essentiel de la trame est compréhensible en dépit de nombreux personnages, sans compter les temps de chargement du jeu qui en profitent pour expliciter le contexte ou le glossaire (vous saurez tout sur les us et coutumes nippons...).

Pour le reste, on retrouve tout ce qui fait le sel de la série Yakuza, ce génial fourre-tout vidéo ludique qui part tous azimuts ! Mélange foutraque de jeu de baston, de jeu de drague, de jeu de simulation, Yakuza 6 dégage un sentiment de liberté et d'éclectisme comme peu de jeux savent en offrir. Il fait clairement écho au SEGA de la grande époque, audacieux, irrévérencieux, voire carrément branque !

Les activités annexes sont le fer de lance de la série et le développeur apporte sa touche à chaque nouvel épisode. Cette fois-ci, Haruto le bébé engendre un nouveau mini-jeu débile et touchant à la fois : Kiryu, jamais très à l'aise, devra le bercer pour le calmer... Plus classiques, les éternels jeu de drague répondent à l'appel, que ce soit dans les bars à hôtesses (façon visual novel) ou par le biais des live-chats (plutôt coquins d'ailleurs). Enfin, vous n'échapperez pas aux jeux d'arcade originaux de maître SEGA en version complète et jouables à deux pour certains (Virtua fighter 5 et Puyo Puyo), ou autre mini-jeux délirants (le base-bal, le karaoké, etc...).

L'histoire demeure passionnante, blindée de passages cultes complètement WTF (la bande-annonce en était déjà la parfaite illustration), avec ses nombreux personnages attachants, parfois stéréotypés. Tout vous incite à essayer de nouveaux trucs, en permanence, et à vous écarter de la trame principale, la variété des à-côtés aidant beaucoup. Mieux, à chaque fois que vous vous adonnez à une activité annexe, vous gagnez de l'expérience, répartie en plusieurs catégories. Même boire un simple soda au distributeur automatique est valorisant ! Ensuite, libre à vous d'améliorer vos stats (vous pouvez vous la jouer bien hardcore en ne bougeant aucun curseur...) pour faciliter les nombreux combats de rues à venir.

Grisantes, les bastons ont été simplifiées dans cet épisode dans la mesure où il n'y a plus qu'un seul style de combat. Bien entendu, vous pourrez toujours empoigner tout ce qui vous passe sous la main pour défoncer les voyous et autres mafieux des bandes rivales: pot de fleurs, pancarte, vélos... Jouissif d'admirer les superbes attaques contextuelles, sortes de QTE chers à Shenmue, mais en bien plus violent ! Exploser un vélo dans la tronche des yakuzas adverses ou leur éclater l'entrejambe contre un poteau électrique, on dira ce qu'on voudra, mais ça défoule ! Les attroupements de foule autour de l'arène improvisée en témoigneront certainement. Comme un bonheur n'arrive jamais seul, les Heat Moves, attaques surpuissantes, sont à activer dès que possible et feront des ravages à coup de ralentis surpuissants, gerbes de sang à l'appui.

Et si votre santé vacille, n'hésitez pas à vous enfuir, aucun temps de chargement ne viendra pénaliser le rythme de votre exploration, ce qui est particulièrement appréciable (notamment en rentrant ou sortant des bâtiments). Vue la qualité et le nombre de textures différentes, c'est une très belle performance autorisée par ce nouveau moteur 3D de SEGA.

Alors certes, ce 6ème épisode n'est pas forcément le plus garni dans ses activités annexes, ni celui qui propose le meilleur scénario (le final, incroyable et débile à la fois ne pourra pas laisser le fan indifférent). Ce n'est pas non plus le jeu bac à sable qui propose les environnements les plus vastes jamais vus, d'autant qu'il n'y a que deux quartiers à arpenter ici finalement (Kamurocho et Onomichi).

Pourtant, grâce à sa superbe réalisation technique, il s'avère être l'opus le plus équilibré de la série, le plus accessible dans son gameplay. C'est aussi une représentation virtuelle du Japon euphorisante et très juste, en particulier si vous connaissez bien ce pays et ses habitudes de consommation, le sens du détail étant mis à l'honneur, en permanence.
Blindé de mini-jeux débiles, laissant au joueur la liberté de faire une pause dans le scénario, Yakuza 6 célèbre le SEGA de la grande époque, ce précurseur audacieux qui a lancé la série Shenmue avec les déboires que l'on lui a connu par la suite. Juste retour des choses, la boucle est bouclée par un élève qui aura fini par dépasser complètement son maître ! Espérons que Yu Suzuki s'en inspire fortement pour la complétion du très attendu Shenmue III...
+
LES POINTS FORTS
LES POINTS FAIBLES
-
+ TECHNIQUEMENT SUPERBE

+ TEMPS DE CHARGEMENT RÉDUITS AU MAXIMUM

+ LES PERSONNAGES, L'HISTOIRE, LES À-CÔTÉS...

+ LES JEUX D'ARCADE EN VERSION COMPLÈTE, JOUABLES À DEUX !

+ L'IMMERSION TOTALE

+ KITANO !

+ L'ULTIME SUCCESSEUR DE SHENMUE
- MARRE DE L'ANGLAIS...

- UN SYSTÈME DE COMBAT TROP SIMPLIFIÉ ?

- UN SEUL PERSO JOUABLE

- QUE 2 VILLES FINALEMENT...
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