Test jeu vidéo
Publié le 16/02/2026 à 09:56 par Pikminouchon
Dragon Quest VII Reimagined

8 /10
PLATEFORME

RPG
Eternel rival de la série Final Fantasy (même s'ils font désormais partie de la même grande famille de Square Enix...), "Dragon Quest" n'a jamais réussi à battre des records de vente en occident. Chaque nouvel opus étant un véritable tsunami au pays du soleil levant, l'éditeur japonais fait tout pour convaincre les joueurs occidentaux de tenter l'aventure. Et du matériau, il n'en manque pas : d'où les nombreux remakes en attendant la sortie de "Dragon Quest XII", un jour ou l'autre... C'est donc l'épisode 7 qui fait aujourd'hui l'objet d'une réinterprétation (ce qui explique le sous-titre "Reimagined"), alors qu'il a déjà eu droit à un remake sur 3DS en 2016.
Sachez que cet épisode est originellement l'un des plus décriés de la saga : sorti sur PS1 en 1999, à quelques semaines du sublime "Final Fantasy IX", l'éditeur japonais avait jugé bon de réserver sa sortie au seul Japon, le jeu étant très conventionnel (et particulièrement moche !). Le premier remake de 2016 tentait d'améliorer un rythme lent, à base d'allers et retours incessants, ainsi qu'un gameplay austère, frustrant voire perdant le joueur. En 2026, cette version "réimaginée" va plus loin dans l'idée et enfonce le clou...
L'histoire de cet épisode est très différente de ce que l'on a l'habitude de voir dans un "DraQue" : ici, pas de carte immense à explorer, pas de princesse à sauver ou de grand tyran à occire (quoi que...). Vous incarnez le fils d'un pêcheur, sur une île solitaire perdue dans un grand océan. Avec son pote bourgeois (carrément le Prince de ce mini-royaume) et la fille du maire du village, ils vont découvrir un mystérieux sanctuaire : celui-ci va leur permettre de visiter d'autres îles situées dans le passé... Résoudre le problème attaché à chaque île, renverra celle-ci dans le présent : au final, votre île natale deviendra le centre d'un immense archipel, reconstitué par vos efforts.
Le fil rouge de cet épisode est assez simple : il faut découvrir des morceaux de tablettes éparpillés un peu partout, les assembler dans le sanctuaire, pour visiter d'autres îles (qui renferment à leur tour d'autres morceaux de tablettes...), revenir sur l'île principale faisant office de hub... et recommencer ! En somme, Dragon Quest VII est un puzzle géant où une multitude de petits scénarii (liés à chaque île visitée...) supplante une histoire bien plus vaste ou plus épique. Sa construction éclatée est donc parfaite pour des sessions de jeu courtes, en particulier sur une console nomade comme la Switch 2, sacrifiant sans doute une boucle de gameplay qui s'avèrera très répétitive à la longue.
Néanmoins, on retrouve tout ce qui fait le sel de la série avec des personnages et des monstres attachants, des dialogues fourmillant de clins d'oeil, un lore fantastique et "vivant" grâce à la magie du regretté Akira Toriyama. Cette nouvelle version est également une des plus jolies, visuellement : l'Unreal Engine offre un rendu singulier à ces décors charmants, conférant à ces dioramas une esthétique très originale pour la série. C'est très différent du rendu HD-2D des remakes précédents (basé sur le pixel art de la NES, bien entendu) mais ça reste très convaincant et parfaitement raccord avec l'univers mignon et rond de "Dragon Quest". Les personnages principaux ont même été modélisés à partir de figurines spécialement créées pour l'occasion, lesquelles ont été scannées par la suite et intégrées au jeu. Si on ajoute à cela le look magnifique du bestiaire de ce "DQ VII", on peut affirmer que, graphiquement, le jeu est d'une beauté parfaite, même s'il reste très simple visuellement.
Tant qu'on y est, un mot sur la musique orchestrale et sur cette sublime OST : les compositions du regretté Koichi Sugiyama sont toujours de la partie avec son style inimitable. Les thèmes sont jolis, guillerets... mais, hélas, redondants : sur un jeu aussi long, se retaper pour la millième fois la même musique dans chaque village ou pour chaque combat, c'est un poil abusé ! Ce défaut est récurrent à chaque épisode de cette série : il n'y a tout simplement pas assez de variété et de matière pour un jeu qui va vous occuper une grosse cinquantaine d'heures, malgré une indéniable qualité de composition et d'orchestration.
Pour le reste "DQ VII" est un J-RPG parfaitement classique avec ses combats au tour par tour (les ennemis apparaissent sur la carte...), parfaitement chorégraphiés. Au passage, on est ravi de voir nos quatre héros combattre ou balancer des sorts : on dira ce qu'on voudra, c'est mieux que de ne jamais voir son équipe et de se cantonner aux seuls monstres, aussi beaux soient-ils !
Chaque héros est très spécialisé et leurs compétences vont s'étoffer largement tout au long de l'aventure, offrant de nombreuses stratégies pour le joueur curieux. Mieux, un système permet dorénavant de cumuler deux jobs bien distincts, histoire de tenter de nouvelles approches et de dévérouiller des compétences originales : pourquoi ne pas être à la fois un voleur et un berger, par exemple ? Les combinaisons sont hyper nombreuses et les résultats souvent surprenants : l'expérimentation est donc de mise tout au long de votre périple.
Cerise sur le Slime : c'est assez rare pour le signaler mais Square Enix s'est fendu de véritables menus, notamment pour changer l'équipement de nos héros ou gérer les stocks d'objets. C'est un miracle de lisibilité et d'ergonomie !
2026 oblige, l'accessibilité est d'ailleurs un des points forts de cet opus : Square Enix a décidé de permettre au joueur de tout paramètrer, ou presque. Vous pouvez gagner plus d'Exp, moins d'or, par exemple... Accélérer les combats aussi ou jouer en mode automatique pour profiter de l'histoire : tout cela participe grandement au fait que ce titre est une porte d'entrée parfaite pour tous ceux qui ne s'étaient jamais frotté au genre du J-RPG en général et à "Dragon Quest" en particulier. D'ailleurs, les vieux briscards trouveront sans aucun doute le soft trop facile ou trop bien aménagé, en témoignent les statues restaurant toutes vos stats juste avant les boss, par exemple. Pas très hardcore tout ça ! Néanmoins, rien ne vous oblige à les utiliser ou à vous faciliter la tâche : "Dragon Quest VII" permet tout et n'oblige rien. Ultime détail là encore : les petits points d'exclamation sur la carte vous guideront toujours à votre prochain objectif et les donjons disposent directement de leur carte (sans le brouillard habituel, masquant les couloirs labyrinthiques...) : on ne tourne plus en rond, on gagne du temps et on ne peste plus ! Et en parallèle, fini le farming pour monter votre expérience avant un bon gros boss : le jeu vous mettra rarement à l'épreuve, sauf dans le mode difficile. Pour le dire simplement, cette version de Dragon Quest VII est clairement destinée à la génération TikTok : plus rapide, moins prise de tête. Les fans du jeu original risquent de ne pas pardonner à Square Enix ce crime de lèse majesté, mais c'est sans doute le prix à payer pour faire découvrir la franchise au plus grand nombre. En tout cas, c'est le choix clairement affiché des développeurs.
Avec son scénario incitant au "snacking" video-ludique, "Dragon Quest VII Reimagined" offre donc au joueur une approche légère et bien rythmé, permettant de découvrir chaque île comme une petite histoire indépendante, l'ensemble de l'archipel constituant un grand tout, aussi varié que sympathique. S'il ne surprendra guère les fans de la première heure (mise à part avec sa facilité prononcée), il saura embarquer tous les joueurs dans une aventure excitante et sans cesse renouvelée. Avec sa réalisation superbe et un sens du détail évident, "DQ VII" sait s'adapter à un large public, à ses exigences et à son emploi du temps. Et, avec son bon gros dégraissage, il n'est pas exclu de le considérer désormais comme l'un des meilleurs épisodes de la série !
Sachez que cet épisode est originellement l'un des plus décriés de la saga : sorti sur PS1 en 1999, à quelques semaines du sublime "Final Fantasy IX", l'éditeur japonais avait jugé bon de réserver sa sortie au seul Japon, le jeu étant très conventionnel (et particulièrement moche !). Le premier remake de 2016 tentait d'améliorer un rythme lent, à base d'allers et retours incessants, ainsi qu'un gameplay austère, frustrant voire perdant le joueur. En 2026, cette version "réimaginée" va plus loin dans l'idée et enfonce le clou...
L'histoire de cet épisode est très différente de ce que l'on a l'habitude de voir dans un "DraQue" : ici, pas de carte immense à explorer, pas de princesse à sauver ou de grand tyran à occire (quoi que...). Vous incarnez le fils d'un pêcheur, sur une île solitaire perdue dans un grand océan. Avec son pote bourgeois (carrément le Prince de ce mini-royaume) et la fille du maire du village, ils vont découvrir un mystérieux sanctuaire : celui-ci va leur permettre de visiter d'autres îles situées dans le passé... Résoudre le problème attaché à chaque île, renverra celle-ci dans le présent : au final, votre île natale deviendra le centre d'un immense archipel, reconstitué par vos efforts.
Le fil rouge de cet épisode est assez simple : il faut découvrir des morceaux de tablettes éparpillés un peu partout, les assembler dans le sanctuaire, pour visiter d'autres îles (qui renferment à leur tour d'autres morceaux de tablettes...), revenir sur l'île principale faisant office de hub... et recommencer ! En somme, Dragon Quest VII est un puzzle géant où une multitude de petits scénarii (liés à chaque île visitée...) supplante une histoire bien plus vaste ou plus épique. Sa construction éclatée est donc parfaite pour des sessions de jeu courtes, en particulier sur une console nomade comme la Switch 2, sacrifiant sans doute une boucle de gameplay qui s'avèrera très répétitive à la longue.
Néanmoins, on retrouve tout ce qui fait le sel de la série avec des personnages et des monstres attachants, des dialogues fourmillant de clins d'oeil, un lore fantastique et "vivant" grâce à la magie du regretté Akira Toriyama. Cette nouvelle version est également une des plus jolies, visuellement : l'Unreal Engine offre un rendu singulier à ces décors charmants, conférant à ces dioramas une esthétique très originale pour la série. C'est très différent du rendu HD-2D des remakes précédents (basé sur le pixel art de la NES, bien entendu) mais ça reste très convaincant et parfaitement raccord avec l'univers mignon et rond de "Dragon Quest". Les personnages principaux ont même été modélisés à partir de figurines spécialement créées pour l'occasion, lesquelles ont été scannées par la suite et intégrées au jeu. Si on ajoute à cela le look magnifique du bestiaire de ce "DQ VII", on peut affirmer que, graphiquement, le jeu est d'une beauté parfaite, même s'il reste très simple visuellement.
Tant qu'on y est, un mot sur la musique orchestrale et sur cette sublime OST : les compositions du regretté Koichi Sugiyama sont toujours de la partie avec son style inimitable. Les thèmes sont jolis, guillerets... mais, hélas, redondants : sur un jeu aussi long, se retaper pour la millième fois la même musique dans chaque village ou pour chaque combat, c'est un poil abusé ! Ce défaut est récurrent à chaque épisode de cette série : il n'y a tout simplement pas assez de variété et de matière pour un jeu qui va vous occuper une grosse cinquantaine d'heures, malgré une indéniable qualité de composition et d'orchestration.
Pour le reste "DQ VII" est un J-RPG parfaitement classique avec ses combats au tour par tour (les ennemis apparaissent sur la carte...), parfaitement chorégraphiés. Au passage, on est ravi de voir nos quatre héros combattre ou balancer des sorts : on dira ce qu'on voudra, c'est mieux que de ne jamais voir son équipe et de se cantonner aux seuls monstres, aussi beaux soient-ils !
Chaque héros est très spécialisé et leurs compétences vont s'étoffer largement tout au long de l'aventure, offrant de nombreuses stratégies pour le joueur curieux. Mieux, un système permet dorénavant de cumuler deux jobs bien distincts, histoire de tenter de nouvelles approches et de dévérouiller des compétences originales : pourquoi ne pas être à la fois un voleur et un berger, par exemple ? Les combinaisons sont hyper nombreuses et les résultats souvent surprenants : l'expérimentation est donc de mise tout au long de votre périple.
Cerise sur le Slime : c'est assez rare pour le signaler mais Square Enix s'est fendu de véritables menus, notamment pour changer l'équipement de nos héros ou gérer les stocks d'objets. C'est un miracle de lisibilité et d'ergonomie !
2026 oblige, l'accessibilité est d'ailleurs un des points forts de cet opus : Square Enix a décidé de permettre au joueur de tout paramètrer, ou presque. Vous pouvez gagner plus d'Exp, moins d'or, par exemple... Accélérer les combats aussi ou jouer en mode automatique pour profiter de l'histoire : tout cela participe grandement au fait que ce titre est une porte d'entrée parfaite pour tous ceux qui ne s'étaient jamais frotté au genre du J-RPG en général et à "Dragon Quest" en particulier. D'ailleurs, les vieux briscards trouveront sans aucun doute le soft trop facile ou trop bien aménagé, en témoignent les statues restaurant toutes vos stats juste avant les boss, par exemple. Pas très hardcore tout ça ! Néanmoins, rien ne vous oblige à les utiliser ou à vous faciliter la tâche : "Dragon Quest VII" permet tout et n'oblige rien. Ultime détail là encore : les petits points d'exclamation sur la carte vous guideront toujours à votre prochain objectif et les donjons disposent directement de leur carte (sans le brouillard habituel, masquant les couloirs labyrinthiques...) : on ne tourne plus en rond, on gagne du temps et on ne peste plus ! Et en parallèle, fini le farming pour monter votre expérience avant un bon gros boss : le jeu vous mettra rarement à l'épreuve, sauf dans le mode difficile. Pour le dire simplement, cette version de Dragon Quest VII est clairement destinée à la génération TikTok : plus rapide, moins prise de tête. Les fans du jeu original risquent de ne pas pardonner à Square Enix ce crime de lèse majesté, mais c'est sans doute le prix à payer pour faire découvrir la franchise au plus grand nombre. En tout cas, c'est le choix clairement affiché des développeurs.
Avec son scénario incitant au "snacking" video-ludique, "Dragon Quest VII Reimagined" offre donc au joueur une approche légère et bien rythmé, permettant de découvrir chaque île comme une petite histoire indépendante, l'ensemble de l'archipel constituant un grand tout, aussi varié que sympathique. S'il ne surprendra guère les fans de la première heure (mise à part avec sa facilité prononcée), il saura embarquer tous les joueurs dans une aventure excitante et sans cesse renouvelée. Avec sa réalisation superbe et un sens du détail évident, "DQ VII" sait s'adapter à un large public, à ses exigences et à son emploi du temps. Et, avec son bon gros dégraissage, il n'est pas exclu de le considérer désormais comme l'un des meilleurs épisodes de la série !




LES POINTS FORTS
+ Un Dragon Quest VII mal aimé remis au goût du jour
+ Une direction artistique parfaite pour le genre
+ Tous les aménagements "qualité de vie"
+ Un classique remodelé qui va droit au but
+ Un rythme affiné pour une durée de vie contenue
LES POINTS FAIBLES
- Les pros le trouveront trop facile !
- Une narration en kit qui peut déplaire
- Des parties de l'original totalement absentes
- Une boucle de gameplay répétitive à la longue
- Oubliez le farming !
- Quasiment plus de challenge ?
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