Critique série
Publié le 29/12/2016 à 15h50 par Floriane
The Crown
9 /10

La série se concentre sur la Reine Elizabeth II, alors âgée de 25 ans et confrontée à la tâche démesurée de diriger la plus célèbre monarchie du monde tout en nouant des relations avec le légendaire premier ministre Sir Winston Churchill. L’empire britannique est en déclin, le monde politique en désarroi… une jeune femme monte alors sur le trône, à l’aube d’une nouvelle ère.

Avec son budget de 100 millions de dollars, soit le plus cher jamais dépensé pour une série, "The Crown" se devait d’être à la hauteur. Et clarifions les choses tout de suite : elle l’est ! Ne vous arrêtez pas à l’aspect historique poussiéreux et froid que peux inspirer une série sur la famille royale anglaise. "The Crown" est une réussite et on vous explique pourquoi.

Tout d’abord, son esthétisme. Comme dit plus haut, Netflix n’a pas lésiné sur l’argent investit et ça se voit à l’écran. Les costumes sont d’une beauté époustouflante et les décors majestueux, parfois même divins. En particulier lors de la scène du couronnement tournée à l'Ely Cathédrale de Cambridge, déjà utilisée pour le film "Elizabeth : l’Âge d’Or" avec Cate Blanchett. Tout ça accompagné par la soundtrack brillante de Rupert Gregson-Williams, dont le thème principal donne des frissons dès les premières notes.

Le scénario quant à lui est à la fois fluide et complexe, lui permettant d’aborder des sujets politiques et sociaux forts, comme la relation de la couronne avec l’Église et ses conséquences sur la Reine et son entourage.

Mais la volonté des créateurs Peter Morgan ("Frost / Nixon, l'heure de vérité") et Stephen Daldry ("Billy Eliott") était clairement de changer la vision que nous avons d’Elizabeth II. Car pour beaucoup, la Reine d’Angleterre actuelle n’est qu’une dame âgée portant des tailleurs colorés et saluant les foules lors d’événements.

Lorsque la série débute, on découvre une jeune Elizabeth (Claire Foy) amoureuse et radieuse sur le point d’épouser son Prince Charmant : Philip Mountbatten. Les premiers épisodes nous la montrent épanouie et insouciante, toujours avec un sourire aux lèvres. Puis vient l’annonce du décès de son père, le Roi George VI (Jared Harris). En un regard on assiste au changement de la femme épanouie à celle croulant sous les responsabilités.

Dès cet instant, les choses se compliquent pour la jeune femme. En plus de ses obligations à la Couronne, la Reine va devoir gérer la détérioration de ses relations avec ses proches. En commençant par son mari, formidable Matt Smith, qui a bien du mal à trouver sa place aux côtés de la souveraine. Mais aussi, et surtout, de sa s½ur cadette Margaret (Vanessa Kirby). Favorite du roi, Margaret semble toujours avoir entretenue une relation particulière avec sa s½ur. Mais la nomination d’Elizabeth à la tête du pays finira par les éloigner complétement. Pire encore, elles deviendront ennemies lorsque la Reine refusera de la soutenir pour son mariage avec l’homme qu’elle aime, le divorcé Peter Townsend (Ben Miles). C’est à travers ses deux relations s’effritant que la solitude du pouvoir se fait grande. Tiraillée, elle s’isolera de plus en plus jusqu’à se retrouver complétement seule lors du season final.

Niveau politique, on la voit au début craintive lors de ses rencontres avec l’imposant Wilson Churchill (puissant John Lithgow), puis peu à peu prendre position et s’affirmer face à la légende. Elle apparait aussi touchante lorsqu’elle constate son manque de connaissances en matière de politiques étrangères. Permettant aux scénaristes de faire glisser une petite critique sur le manque d’éducation des femmes de la royauté. Celles-ci étant cantonnées aux taches de "femmes" comme la couture…

Ayant conscience que son genre est perçu comme une faiblesse, elle impose au fur et à mesure sa vision, jusqu’à devenir un personnage étonnamment féministe. Elle n’hésite pas à se confronter aux hommes pour se faire respecter en tant que leader. Comme l’illustre parfaitement cette réplique lancée à un Churchill bouche bée : "Merci de bien peser votre réponse à la lumière du respect que mon rang et ma fonction méritent et pas en fonction de mon âge et mon sexe". Brillant !

En plus de livrer un portrait passionnant d'Elizabeth II, "The Crown" est une série royale naviguant avec brio entre le public et l’intime. Assurément une des plus belles séries de cette année.

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