Critique film
Publié le 09/04/2018 à 17h51 par Ciné Vor
Tchao Pantin
8,5 /10

Pompiste de nuit, Lambert noie sa solitude dans l'alcool au fond d'une station-service. Il y rencontre un jeune dealer, Bensoussan, auquel il s'attache peu à peu. L'assassinat du jeune homme ravive les blessures de Lambert qui se lance à la poursuite des meurtriers...

"Tchao Pantin", ce n’est pas un titre posthume à la carrière de Coluche. Malgré tout, c’est le film qui cassa définitivement l’image du clown à salopette que l’on connaît.
Pas néfaste pour autant, puisque le comique se révèle touchant, dans son premier et unique rôle dramatique, de sa carrière. C’est Claude Berri ("Germinal", "Jean de Florette") qui adapte le roman d’Alain Page pour le cinéma et confie le rôle de Lambert à Coluche, un contre emploi pas si improbable, lorsque l’on sait, que ce dernier, vie à ce moment-là, comme son personnage, une terrible dépression et un sentiment de solitude.

Le film remporta en 1983, un énorme succès critique, publique et se vit récompenser de, pas moins de cinq Césars en 1984 (Meilleur Acteur, Second rôle masculin, Espoir, Photographie et Son).
Nous assistons à une intrigue basée sur l’amitié et la colère, au sein du Paris crasseux des années 80, et en plein c½ur de Barbès et du quartier La Chapelle.
Ambiance underground à la Française, le racisme est également l’un des fils conducteurs de cette ½uvre, qui met en avant une rencontre entre deux individus que tout semble opposé pour au final les réunir à travers un drame.

Coluche incarne un pompiste raciste, atteint de dépression et de solitude suite au décès de son fils alors qu’il était policier. De ces lourdes souffrances, il va réussir à nouer une amitié avec un jeune délinquant juif-arabe, en proie à quelques soucis. Cette rencontre change l’homme et son regard, mais réveille une autre colère, celle de la vie.

Le film est aujourd’hui l’un des drames les plus marquants du cinéma français, c’est également un vigilante touchant, une poésie urbaine et un film noir de la pop culture. Mais c’est avant tout, le film que l’on retiendra de Coluche, puisque le clown se dévoile enfin, fragile, émouvant, sensible et violent.

Quel regret aujourd’hui encore, que cet homme ne soit plus des nôtres, quel regret également, que le cinéma français actuel ne s’inspire pas de ce petit bijou de Berri, pour nous proposer des films sociaux plus fracassants.
La photographie est sublime, la bande son magistrale, le casting incroyablement performant et le tout : simplement CULTE !

  VOUS AIMEREZ AUSSI :
  COMMENTAIRES :
Prénom :
Mail :
Votre mail ne sera pas publié  
Code de vérification
:
0 commentaire