Critique film
Publié le 13/09/2018 à 16h20 par Kévin Aubin
Papillon
8 /10

Henri Charrière, dit "Papillon", malfrat de petite envergure des bas-fonds du Paris des années 30, est condamné à la prison à vie pour un meurtre qu'il n'a pas commis. Il est envoyé sur l'île du Diable, en Guyane. Il va faire la connaissance de Louis Dega qui, en échange de sa protection, va aider Papillon à tenter de s'échapper...

Michael Noer fait des études cinématographiques orientée vers le documentaire et réalise en 2006 son premier long-métrage Jorden Under Mine Fødder. Ce n'est qu'en 2014 qu'il en vient à la fiction avec son film R. Violent et réaliste, le film remporte le Dragon Award du Meilleur film nordique à Göteborg ainsi que le Bodil du Meilleur film danois. Fort de ce premier essai remarqué, il signe une nouvelle fiction avec Northwest, drame authentique qui reçoit de nombreux prix tels que les Prix du Jury et de la Critique au Festival international du Film Policier de Beaune.

En 2018, il revient avec Papillon, basé sur le livre d'Henri Charrière, et signe sa première incursion dans le cinéma américain. On peut s'interroger sur l'utilité d'un remake au film Papillon sorti en 1973 avec un certain succès mettant en scène Steve McQueen et Dustin Hoffman. Après visionnage, on remarque que le réalisateur n'a pas cherché à marcher sur les plates bandes du film original mais plutôt à offrir sa vision de cette histoire vraie. Ainsi, l'ancienne génération redécouvre avec intérêt une histoire immanquable et la nouvelle génération apprend à la découvrir. Le film reprend les éléments essentiels du périple vécu par Henri Charrière et le réalisateur sait quand mettre en avant les moments marquants et au contraire mettre au second plan les moments plus futiles. Le spectateur s'identifiant facilement à cet homme meurtri par la vie. A la fois drame psychologique et aventure, le film mêle habilement les deux genres pour en extirper tous ses atouts et demeure efficace tout du long. Le rythme du film ne faiblit pas et va crescendo. Aussi thriller intime violent, le film n'hésite pas à montrer les violences physiques sur les personnages et bien évidemment dépeint un univers carcéral glaçant. Un remake solide qui vient s'inscrire en vrai complément de l'oeuvre originale.

Michael Noer s'imprègne parfaitement de cette histoire et signe une réalisation soignée et maitrisée. La mise en scène profite aux acteurs et prend aux tripes, les décors grandeur nature sont d'une beauté sidérante et montrent aussi leur utilité malheureusement sombre, la photographie aux lumières naturelles renforce ce sentiment d'aventure et la bande-son laisse place aux sons du quotidien avec quelques mélodies de fond qui viennent rythmer le récit.

Le duo Charlie Hunnam -Rami Malek fonctionne à merveille. Charlie Hunnam est pleinement investi dans son rôle et excelle dans des séquences assez dures physiquement et psychologiquement. Rami Malek est lui aussi très investi dans son rôle et le campe de manière convaincante et touchante. N'oublions pas les nombreux seconds rôles tout aussi importants et intéressant à suivre. Chacun arrivant à tirer son épingle du jeu. Un casting sans aucune fausse note.

Pour sa nouvelle réalisation, Michael Noer signe un remake de bonne facture qui 45 ans après nous replonge dans une aventure immanquable, le tout avec maîtrise et servi par un très bon duo d'acteurs. A voir.

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