Critique film
Publié le 10/08/2018 à 11h50 par Kévin Aubin
Le Secret des Marrowbone
8 /10

Pour ne pas être séparés, Jack, 20 ans, et ses frères et s½urs plus jeunes, décident de cacher à tout le monde le décès de leur mère qui les élevait seule. Ils se retrouvent livrés à eux-mêmes dans la ferme familiale isolée, mais bientôt, d’étranges phénomènes indiqueraient qu’une présence malveillante hante leur unique refuge…

Sergio G. Sanchez débute comme scénariste. Il écrit et réalise ses propres courts-métrages. Son premier scénario fut "L'orphelinat" écrit en 1996. Refusé par plusieurs sociétés de production, c'est en le présentant au réalisateur Juan Antonio Bayona, qu'il finit enfin par être adapté en 2008. S'en suit une nouvelle collaboration avec Bayona pour "The Impossible" en 2012.

En 2018, il réalise son premier film avec "Le Secret des Marrowbone". Le cinéma espagnol a toujours su utilisé le genre de l'épouvante-horreur avec intelligence en évitant de tomber dans les écuelles habituelles. Et ce n'est pas ce nouveau film qui déroge à cette règle. Le réalisateur choisit de mettre au second plan l'épouvante et livre un thriller psychologique voire un drame familial. Ainsi, le spectateur se retrouve aux prises d'une famille cachant un lourd secret où son histoire est savamment orchestrée. Les rebondissements vont crescendo et se dévoilent avec surprise. La construction narrative du récit est bien écrite et permet au spectateur d'être littéralement happé par l'histoire jusqu'à son dénouement. Le rythme du film est assez lent mais efficace voire essentiel pour dérouler avec brio une trame des plus affûtées. Surtout que le réalisateur joue habilement avec l'angoisse du spectateur et l'amène à embrasser ce récit avec intensité. Même si un certain classicisme dans la forme est probant, il n'enlève en rien le fond qui est bien plus riche qu'il n'y paraît de prime abord. Le film privilégiant les personnages en les rendant attachants. Les scènes d'épouvante sont certes peu nombreuses mais suffisent à instaurer une tension palpable tout du long. Apparenté presque à un conte, ce film est diabolique et surprenant pour qui sait regarder au-delà du simple film de genre.

Sergio G. Sanchez signe une réalisation solide. La mise en scène sait être ingénieuse et profite aux acteurs, les décors apportent cette sensation oppressante qui règne tout le long du film, la photographie au grain pâle est là pour rappeler la dureté de l'histoire et la bande-son distille des mélodies simples mais inoubliables qui rendent compte des émotions et renforcent la dimension classique du film.

La grande qualité du film repose en grande partie sur le talent des jeunes acteurs. Une complicité entre les acteurs se créée à l'écran et il en deviennent ainsi très attachants. George MacKay, Mia Goth, Charlie Heaton et Matthew Stagg forme une famille où chacun est soudé. Mais il est vrai que l'actrice Anya Taylor-Joy tire son épingle du jeu. Malgré son jeune âge, elle est très talentueuse et possède un jeu intense auquel on ne reste pas indifférent.

Pour sa première réalisation, Sergio G. Sanchez signe un film prenant et intelligent qui redore le blason des films du même genre. Une histoire rondement menée portée par un casting de jeunes acteurs talentueux. A voir.

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