Critique film
Publié le 22/11/2018 à 11h15 par Kévin Aubin
Le Cercle Littéraire de Guernesey
9,5 /10

Londres, 1946. Juliet Ashton, une jeune écrivaine en manque d’inspiration reçoit une lettre d’un mystérieux membre du Club de Littérature de Guernesey créé durant l’occupation. Curieuse d’en savoir plus, Juliet décide de se rendre sur l’île et rencontre alors les excentriques membres du Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates dont Dawsey, le charmant et intriguant fermier à l’origine de la lettre. Leurs confidences, son attachement à l’île et à ses habitants ou encore son affection pour Dawsey changeront à jamais le cours de sa vie.

Mike Newell débute en tant que stagiaire à la production chez Granada Television avant de passer à la réalisation de séries télévisées et de téléfilms. En 1980, il passe à la réalisation de son premier long-métrage pour le cinéma en dirigeant Charlton Heston dans le film d'épouvante La Malédiction de la Vallée des Rois. S'en suivent un certain nombre de réalisations. Les années 90 marquent un tournant dans la carrière du réalisateur avec des films salués par les critiques et le public. Par la suite, et fort de sa popularité internationale, il fait preuve d'éclectisme dans ses films.

En 2018, il revient avec Le Cercle littéraire de Guernesey, adaptation littéraire écrit par Mary Ann Shaffer et Annie Barrows et paru en 2008 aux Etats-Unis. Drame historique aux allures d'une histoire vraie, le film est un enchantement de tous les instants où le dépaysement est garanti. Le réalisateur plonge le spectateur dans les années 40 sur une île reculée où les histoires sont légions. Ainsi, le spectateur, tel un écrivain en quête de récits, découvrent avec attention l'histoire de cette île et surtout celle de ses habitants. On s'identifie très facilement à l'héroïne principal dont la quête est similaire à celle du spectateur. Une immersion faite de rires, de larmes, de joie et de souffrance où le spectateur passe par différents stades émotionnels. Les rebondissements ne manquent tout en restant très terre à terre et font écho à un passé commun que l'on aurait aimé ne jamais connaître. Un film qui va de surprises en surprises avec des moments à la fois légers et lourd de sens où l'on rentre dans l'intimité des personnages. Les dialogues sont finement écrits avec toujours un parfait équilibre entre des situations graves et du quotidien. Une ½uvre cinématographique qui résonne encore en nous après visionnage où la puissance du récit fait que l'on ne peut y rester indifférent. La patte anglaise du réalisateur faisant toute la différence.

Mike Newell ne cherche pas à une réalisation appuyée mais plutôt classique et libre. La mise en scène profite aux acteurs et les met très bien en valeur, les décors sont soignés et reflètent bien cette atmosphère pesante et chaleureuse qui perdure tout le long du film, la photographie est claire et lumineuse avec des moments plus froids et s'intègre parfaitement au métrage et la bande-son est mélodieuse. Une réalisation attendue mais adaptée à ce genre de film.

Lily James porte ce film à la perfection tant elle irradie tous les plans de sa beauté naturelle et d'une certaine candeur. L'actrice trouve un rôle à sa mesure où elle peut exprimer son talent. Pour l'accompagner, on retrouve une pléiade d'acteurs plus ou moins connus du grand public. Chacun tire son épingle du jeu grâce à un rôle bien écrit qui leur permet d'exprimer tout leur potentiel. Leur personnalité y est bien présente et les acteurs se révèlent de scènes en scènes pour notre plus grand plaisir.

Pour sa nouvelle réalisation, Mike Newell signe un très beau film au style british des plus appréciables. Un mélange d'humour et de mélancolie traversé par une histoire poignante et passionnante. Il serait dommage de passer à côté.

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