Test jeu vidéo
Publié le 24/01/2017 à 11h38 par Pikminouchon
Dragon Quest Builder
9 /10
PLATEFORME
ÉDITEUR DU JEU VIDÉO

ACTION RPG

Quand Square Enix a annoncé la sortie de "Dragon Quest Builders", tout le monde a cru au pire, à un gag, au mieux, à un projet opportuniste. Il faut dire que tout laissait à penser que l'éditeur japonais préparait un simple ersatz du phénomène Minecraft, le tout emballé dans un joli paquet cadeau "Dragon Quest", le champion du RPG japonais.
Pour mémoire, Minecraft dans sa version PsVita au japon, c'est plus d'un million de jeux vendus, pour un parc de 5 millions de machines sur ce seul territoire. Un véritable record pour un jeu occidental.
Si Square Enix ne voulait pas passer pour un vilain petit copieur, il fallait un jeu solide derrière. Alors, pari tenu ?

Dans "Dragon Quest Builders", vous jouez le rôle du Bâtisseur Légendaire, le dernier représentant de la race humaine capable de créer des objets et de construire... Mandaté par la Déesse Rubiss, vous êtes propulsé dans le monde d'Alefgard pour anéantir Lordragon, le grand méchant tout droit sorti du 1er épisode de la série. L'histoire s'étalera sur quatre chapitres mais sera surtout prétexte à découvrir des environnements différents ainsi que des monstres. Tout le jeu est entièrement (et parfaitement) traduit en français et il s'avère parfois bavard.

S'inspirant très largement de Minecraft, "DQ builders" demande donc au joueur de couper, creuser, miner le décor qui l'entoure afin d'en récolter toujours plus de matériaux et de "crafter" toujours plus d'objets... L'inventaire se situe toujours au bas de l'écran (et le surplus dans des coffres), le design général du jeu reste encore très cubique (pas les personnages et ennemis de "DQ builders" qui échappent heureusement à cette mode !), et... c'est tout ! Les ressemblances avec le méga hit de Mojang s'arrêtent là ! La grande force de "DQ builders", c'est qu'il apporte SA touche d'originalité et qu'il sait se démarquer de la concurrence.

Son principal atout réside dans sa dimension RPG tout droit héritée de ses glorieux épisodes canoniques, dont il est un lointain cousin. Car, contrairement à-qui-vous-savez, "DQ builders" est scénarisé !
Le joueur est donc guidé et ça change tout. Vous étiez perdu dans "Minecraft" ? Vous vous y ennuyiez au bout d'une heure ? Pas de ça ici... Globalement, chaque chapitre est entrecoupé de missions où il s'agit de construire et de customiser votre village. Puis, les monstres se déchaîneront sur votre création : il vous faudra alors les affronter et, éventuellement, réparer les dégâts. Le cycle recommence jusqu'au boss de chapitre.
Tout au long de ce processus, vous aurez collecté une quantité impressionnante de matériaux que vous pourrez combiner selon des "recettes" que le jeu vous suggérera au fil de vos nouvelles obtentions : impossible ici de se montrer réellement créatif, vous ne serez du coup jamais perdu dans vos créations, que ce soit pour les objets du quotidien (banc, lit, portes...) ou pour les constructions (auberge, bain public, forge...), la liste est tellement longue !

On pourrait croire qu'enchaîner les chapitres de la sorte amène de la répétition. Que nenni ! L'autre grande astuce de "DQ Builders" est de ne pas rendre possible la création des mêmes éléments d'un chapitre à l'autre. Par exemple, le 2ème chapitre est clairement orienté alchimie/soins/infirmerie : résultat, la forge pour créer armes et armures n'intervient qu'à la toute fin et il faudra repenser complètement sa façon de jouer. Dans la même idée, le 3ème chapitre fera rapidement de vous un guerrier et vous pourrez joindre vos forces à 4 autres PNJ pour supprimer les monstres les plus retors. Seul le dernier chapitre vous laisse relativement libre et la reconstruction de la glorieuse capitale déchue occupera la majorité de votre temps...

On sent bien la volonté du développeur japonais de ne pas vouloir user le joueur sur des tâches répétitives : un effort important a été fourni ici pour le surprendre dans les missions à effectuer, sans compter toutes les petites quêtes annexes et tous les petits secrets cachés dans les entrailles d'Alefgard. Des petits repères sur la carte du monde indiquent toujours les prochains objectifs à atteindre, ce qui est toujours bien pratique.

Cette exploration ne se fera pas sans risques et votre petit héros (ou héroïne) devra affronter pas mal de monstres en chemin, tous issus de la mythique écurie "Dragon Quest". Les combats se font en temps réel (contrairement à la coutume) mais se révèlent souvent brouillons et bourrins : c'est bien dommage mais ce n'est pas non plus le c½ur du jeu et on pourra fermer les yeux. A ce propos, un mouvement cyclonique, tout droit sorti de la série "The Legend of Zelda", vous rendra de fiers services...
Autre petit défaut, les musiques d'ambiance, mignonnes au départ et issues des partitions originales de "Dragon Quest", s'avèrent finalement trop redondantes voire lancinantes : on aurait aimé plus de variété et plus de flamboyance de la part de Koichi Sugiyama, le compositeur attitré de la série. Snif !

En fait, le plus gros défaut du jeu réside dans son absence de mode en ligne. Contrairement à "Minecraft" qui permet toutes les audaces collaboratives, l'exploration et la construction devront s'envisager seulement en solo ici (même si un mode de jeu libre, complètement détaché de l'histoire principale, permet de faire visiter son village ou de visiter les créations des autres joueurs). Quand on se souvient du online de "Minecraft", et son esprit d'émulation entre joueurs, on ne peut que déplorer cette cruelle absence.

En résumé, si vous misiez sur un jeu en ligne pour retrouver l'esprit "Minecraft", vous serez déçu. Par contre, de par sa dimension RPG et son game design parfaitement étudié, "Dragon Quest Builders" est un Minecraft-like parfaitement digéré, scénarisé et assumé qui saura vous tenir de très longues heures devant votre écran (pas moins d'une dizaine d'heures par chapitre, sans compter les quêtes annexes cachées). On aurait juste aimé qu'à la fin de ce très copieux tutorial, un mode libre et en ligne s'offre enfin au joueur : l'élève aurait alors, sans problème, dépassé le Maître et "Minecraft" aurait vraiment eu du souci à se faire. Tant pis, ce sera pour un inévitable second opus (vu le succès de celui-ci au Japon). A croire que Square Enix a volontairement gardé le meilleur pour la fin. En attendant, ne boudons pas notre plaisir.
+
LES POINTS FORTS
LES POINTS FAIBLES
-
+ MINECRAFT REPENSÉ !

+ SUPER MIGNON

+ TRÈS GROSSE DURÉE DE VIE

+ EXCELLENTE TRADUCTION FRANÇAISE
- PAS DE MODE EN LIGNE

- MUSIQUES LANCINANTES

- COMBATS BROUILLONS

- CHRONOPHAGE
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