Critique série
Publié le 12/06/2017 à 15h36 par Fred
Noires Sont les Galaxies
6,5 /10

Témoin d'un violent affrontement entre un homme et une femme, Patrick, jeune interne d'hôpital, se retrouve malgré lui mêlé à un trafic de cadavres. Lorsqu'il découvre que ces cadavres reviennent à la vie, commence alors pour Patrick une enquête aux frontières de la folie. Notre espèce est en danger d'éradication par une race d'extraterrestres malveillants...

Diffusée une unique fois entre mai et juin 1981 sur Antenne 2, "Noires sont les galaxies" est une des rares françaises à prendre pied dans l'univers de la science-fiction. Écrite par Jacques Armand ("Belphegor") et réalisée par Daniel Moosmann, cette Mini-série, en quatre épisodes, détonne par son ton résolument sombre et pessimiste et par une irruption du fantastique dans un quotidien très réaliste.

Prenant pour personnage principal, Patrick (Richard Fontana), interne en médecine qui va faire la connaissance d'une danseuse de boite de nuit, Coretta (Catherine Leprince) lors d'une altercation, dans un terrain vague. La bagarre tourne au drame et la patron de la danseuse est tué. Patrick se retrouve impliqué dans un trafic de cadavres masquant, en fait, une invasion de la planète par des extra-terrestres. Patrick et Coretta plonge au centre d'un nouveau monde où la Terre est au centre d'une guerre entre deux races aliens : les Exis et les Ninx.

Loin de la science-fiction à la Star Trek, la trame de la série repose sur un quotidien on ne peut plus terre à terre. Rendant cette histoire d'invasion par des êtres d'une autre planète, beaucoup plus sourde et oppressante. Rappelant la version de Philip Kaufman de "L'Invasion des profanateurs" dans la manière dont les envahisseurs utilisent le corps des humains et "Invasion Los Angeles" de John Carpenter pour son côté "ils sont parmi nous". La nature de l'invasion par le remplacement des humains, qui ne sont plus que des coquilles vides hébergeant l'esprit des Extra-terrestres, fait naitre un sentiment de paranoïa accentué par une ambiance angoissante et stressante (portée par un bande son free-jazz qui ajoute au caractère étrange de la série).
Au delà de son esprit désespéré, l'autre point fort de "Noires sont les galaxies" est un scénario qui ose poussé ses idées jusqu'au bout et propose des scènes que l'on ne pourrait plus passer aujourd'hui sur une chaine public en soirée; la mort des Exis, par des plantes explosant leur corps de l'interieur, sans être gore, sont tout de même assez violente pour faire exception dans le paysage audiovisuel français. Utilisant également des trames secondaires qui son toujours d'actualité comme la pollution et les flux migratoires.

Côté casting, on retrouve quelques figures connues, notamment, Catriona MacColl, très connue des fans de films d'horreur transalpin, grâce a sa collaboration sur plusieurs films avec Lucio Fulci ("Frayeurs", "La Maison près du cimetière",...) et plus récemment dans le très sympathique "Horsehead" de Romain Basset. Également François Perrot ("Les Morfalous",..) qui par son jeux apporte une vraie humanité à son personnage d'exilés de la galaxie. Pour les acteurs principaux, Patrick Fontana fera ensuite essentiellement carrière au théâtre et Catherine Leprince sera surtout connue pour son rôle dans "Vive les femmes" de Claude Confortès en 1983.

"Noires sont les galaxies", par son sujet et son traitement, reste un moment assez unique parmi les séries françaises. Même si le rythme assez lent et des effets spéciaux désormais obsolètes peuvent rebuter certains spectateurs, l’édition d'Elephant Films permet de redécouvrir une œuvre de science-fiction française atypique et bien ficelée.

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