Critique film
Publié le 07/05/2019 à 18h29 par Floriane
Le Retour de Mary Poppins
8,5 /10

Michael Banks travaille à la banque où son père était employé, et il vit toujours au 17 allée des Cerisiers avec ses trois enfants, Annabel, Georgie et John, et leur gouvernante Ellen. Comme sa mère avant elle, Jane Banks se bat pour les droits des ouvriers et apporte son aide à la famille de Michael. Lorsque la famille subit une perte tragique, Mary Poppins réapparaît magiquement dans la vie de la famille. Avec l’aide de Jack, l’allumeur de réverbères toujours optimiste, Mary va tout faire pour que la joie et l’émerveillement reviennent dans leur existence… Elle leur fera aussi découvrir de tout nouveaux personnages pleins de fantaisie, dont sa cousine, l’excentrique Topsy.

En 1964 débarquait sur les écrans une nounou pas comme les autres : Mary Poppins. Sous les traits de Julie Andrews, le personnage crée par l'australienne Pamela L. Travers devient très vite culte pour toute une génération. Qui n'a jamais essayé de prononcer "Supercalifragilisticexpialidocious" ? Fredonner "Beau Cerf-Volant" ? Ou rêver d'avoir un sac magique comme Mary Poppins ? Au fil des années, le film musical réalisé par Robert Stevenson a acquis le statut d'½uvre doudou, et donc d'½uvre intouchable. C'est pourquoi, l'annonce d'un projet de suite fut accueillie plutôt froidement par le public. Mais l'arrivée d'Emily Blunt dans la peau de Mary Poppins calma les craintes de beaucoup et en intrigua plus d'un. Intitulé "Le Retour de Mary Poppins", le film est-il une réussite ou la catastrophe annoncée par certains ?

Touché à une légende comme Mary Poppins n'est jamais sans risques. Et pour relever le défi, Disney a fait appel à un spécialiste du genre de la comédie musicale : Rob Marshall. Le réalisateur de "Chicago" embrase le côté merveilleux de Mary Poppins et nous livre un film coloré, chanté et dansé tout simplement magique. Mashall met son expérience du musical au service de l'univers de la nounou au parapluie. Et bien que quelques fautes de goût se soient glissées ici et là (exemple : la scène du bain), l'ensemble des numéros chantés enchante par leur lumière soignée, leurs chorégraphies stylisées et leurs acteurs parfaitement dirigés. Mention spéciale aux séquences de "The Royal Doulton Music Hall" et "A Cover Is Not The Book" qui reprennent la technique du mélange d'animation et prises de vues réelles de "Supercalifragilisticexpialidocious", mais de manière encore plus fluide et impressionnante.

En ce qui concerne les chansons, ceux qui ont grandi avec "Chim Chim Cher-ee" ou "Nourrir les p'tits Oiseaux" devraient tomber sous le charme des nouveaux morceaux signés du duo Marc Shaiman et Scott Wittman ("Hairspray"). Que ce soit les entraînantes "A Cover Is Not The Book" et "Trip a Little Light Fantastic" ou l'émouvante " The Place Where Lost Things Go" dans laquelle la voix d'Emily Blunt fait des merveilles, les chansons sont le c½ur du film et devraient vous rester dans la tête bien après la fin de la projection. Et surtout, le film ne tombe pas dans la facilité en reprenant les classiques du premier. Et c'est là l'un de ses points forts, s'inspirer de l'original, tout en apportant quelque chose de frais au retour de Miss Poppins.

Adapté du livre éponyme de Pamela L. Travers, le film garde les thèmes du premier (l'importance de l'imaginaire et des êtres chers, garder son âme d'enfant, etc), mais ajoute la question du deuil suite au décès de la mère des jeunes Banks. La présence discrète, mais essentielle, de Mary Poppins lors de cette épreuve difficile n'en n'est que plus émouvante.

Et des émotions on en ressent devant ce film ! Entre l'apparition de Dick Van Dyke, les enfants (excellents Pixie Davies, Nathanael Saleh et Joel Dawson) et leur sincérité déconcertante ou encore les chansons, les larmes ne sont jamais loin. Mais ce qui a fait chavirer nos coeurs de grands enfants : Emily Blunt. Dans la mémoire collective, Julie Andrews est Mary Poppins. L'actrice anglaise avait la lourde tâche de respecter l'image que tout le monde a du personnage, tout en lui apportant sa touche personnelle. Mission qu'elle relève haut la main ! Sa Mary Poppins garde ses aspects célèbres (langage soutenu, côté stricte, vêtements guindés), mais est beaucoup plus attachante. Par un simple regard, geste ou sourire, Emily Blunt arrive à transmettre de l'émotion. Lumineuse, elle captive la pellicule. Bref, Disney ne pouvait rêver mieux qu'elle pour incarner sa nouvelle Mary Poppins. Notons aussi la performance pleine de candeur de Lin-Manuel Miranda ("Hamilton") en acolyte de la dame au parapluie.

Dommage que dans sa volonté de faire toujours plus, le film perde de son rythme en s'égarant dans des sous-intrigues peu intéressantes, comme l'ajout d'une cousine lointaine de Mary Poppins, réparatrice d'objets en tout genre. A part pour voir Meryl Streep en bohème avec un accent russe, ce moment du film semble totalement superficiel.

Avec "Le Retour de Mary Poppins" Rob Marshall signe un film merveilleux qui permettra aux vieux enfants de retrouver la magie du film de 1964 et aux nouveaux de faire connaissance avec la plus fantasque des nounous. Porté par une Emily Blunt parfaite et une bande originale digne des plus grandes comédies musicales, "Le Retour de Mary Poppins" est le remède parfait contre la morosité ambiante.

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