Critique film
Publié le 23/02/2018 à 11h10 par Floriane
La Vie Privée d'un Sénateur
8 /10

Joe Tynan, sénateur, marié et père de 2 enfants, et qui ambitionne de devenir président, voit sa vie bouleversée lorsqu’il entreprend d’affronter la Cour Suprême. Le président des Etats-Unis veut nommer un homme connu pour ses opinions racistes à la tête de cette cour, ce que Tynan ne peut accepter. Il rencontre alors Karen Traynor, avocate, pour l’aider dans son combat, mais elle va chambouler sa vie aussi bien professionnelle que sentimentale…

Alors que Steven Spielberg nous plonge dans les méandres de la politique américaine avec son "Pentagon Papers", l'éditeur Elephant Films nous propose à l'occasion d'une sortie Blu-ray / DVD de (re)découvrir un film politique injustement oublié, "La Vie Privée d'un Sénateur".

Réalisé par Jerry Schatzberg (Palme d'Or à Cannes en 1973 pour "L'Epouvantail"), le film nous emporte dans les coulisses de la clique politique de Washington, mais aussi celle de la sphère privée d'un sénateur brillant et charmeur. Sorti en 1979, bien avant l'inoubliable série "A la Maison Blanche", "La Vie Privée d'un Sénateur" mêle l'intime au public avec intelligence dans ce monde à part qu'est la politique. Idée parfaitement résumée dans les premières minutes du film qui juxtapose le trajet de jeunes élèves noirs en chemin pour visiter les monuments emblématiques de Washington, le discours du sénateur pour faire passer une loi en faveur des plus pauvres et pour finir une scène intime sous la couette de l'homme et sa femme où il est encore question de pouvoir et domination.

Interprété par un Alan Alda ("M.A.S.H") débordant de charisme le sénateur Joe Tynan incarne à merveille l'image du politicien à l'allure parfaite et aux idées progressistes aimé de tous, du moins en public. Car le scénariste (Alan Alda lui-même) arrive à faire le portrait d'hommes politique humains avec leurs qualités et leurs défauts. Défauts cristallisés lors d'une scène de réception où ces hommes de pouvoir se comportent comme des enfants obsédés par le sexe. Le côté familial du scénario se révèle tout aussi passionnant, comme le personnage d'Ellis (formidable Barbara Harris), l'épouse psychologue du sénateur détestant la politique, mais aimant son mari. Tout le long du récit cette femme à fleur de peau aura bien du mal à concilier sa nature indépendante à la volonté de son mari de s'élever dans la hiérarchie.

Grâce à une écriture rigoureuse le scénario arrive à rendre attachant ses personnages, comme le mentor de Tynan, (Melvyn Douglas) ou encore l'avocate Karen Traynor (la légende Meryl Streep) avec qui le sénateur aura une liaison.

Grâce à un rythme bien tenu et en évitant un dramatisme poussé, "La Vie Privée d'un Sénateur" passionne par son modernisme (le traitement du sexe, de la femme et de la politique) et son écriture digne des plus grandes lignes d'Aaron Sorkin.

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