Critique film
Publié le 13/07/2018 à 12h36 par Kévin Aubin
L'Extraordinaire Voyage du Fakir
8 /10

Aja, un jeune arnaqueur de Mumbai entame, à la mort de sa mère, un extraordinaire voyage sur les traces du père qu’il n’a jamais connu. Il rencontre l’amour à Paris dans un magasin de meubles suédois, le danger en compagnie de migrants somaliens en Angleterre, la célébrité sur une piste de danse à Rome, l’aventure dans une montgolfière au-dessus de la Méditerranée, et comprend finalement ce qu’est la vraie richesse et qui il souhaite devenir.

Ken Scott se lance dans le monde du spectacle comme jouteur d'Improvisation dans les années 80. Il joue par la suite au théâtre ainsi qu'à la télévision et en parallèle il est également scénariste pour le cinéma. En 2011, sa carrière prend un véritable tournant avec sa seconde réalisation, Starbuck. Le film est un énorme succès au Canada et s'exporte dans le monde entier.

En 2018, il revient avec L'Extraordinaire voyage du Fakir tiré du roman de Romain Puertolas paru en 2013. Dès les premières minutes, le film invite au voyage où le dépaysement sera garanti tout du long. Le réalisateur conte une histoire fictionnelle que l'on pourrait croire vraie tant ce qui y est raconté paraît certes rocambolesque mais reste tout de même très terre à terre. Et c'est là que le film brille dans sa façon à mener l'histoire d'un homme somme toute banale vers des horizons aventureux et extraordinaires. Mais attention, ici pas de fantastique mais une réalité que l'on découvre avec émerveillement et simplicité. Une histoire qui délivre des messages qui parlent à tous comme le vivre-ensemble, le partage ou encore l'amour. Des messages amenés avec subtilité et délicatesse qui participent à créer un récit intéressant à suivre. Et même si certaines facilités scénaristiques se font sentir avec des scènes déjà-vues mille fois, ces petites défauts sont étonnement le moteur du film voire se transforment en qualité pour livrer un curieux mélange à la fois drôle et touchant. Le spectateur se laissant transporter dans cette histoire humaine et non dénué d'émotions. C'est frais, léger et sans grande prétention hormis celle de faire ouvrir les yeux sur le monde qui nous entoure.

Ken Scott filme cette histoire à hauteur d'hommes simplement et efficacement. La mise en scène s'amuse à se renouveler au gré du périple de notre héros, les décors changeants sont sublimes et invitent à l'évasion, la photographie brille par ses couleurs et vient renforcer ce sentiment de bien-être omniprésent dans le film et la bande-son est des plus plaisantes à écouter voire donne envie de danser. Une réalisation qui sait où elle va et maîtrisée pour notre plus grand plaisir.

Dhanush, superstar tamoul et de Bollywood inconnu du grand public français, signe sa première coproduction internationale en tant qu'interprète principal. L'acteur mène le film avec une énergie folle et communicative où il prend plaisir tout le long du film. Une révélation pour le public français où l'on découvre un acteur plein de sympathie et des plus investis que l'on aimerait retrouver dans d'autres coproductions internationales du genre. Pour l'accompagner, ce sont plusieurs nationalité qui se rencontrent au gré du voyage d'Aja. Ces acteurs et actrices de nationalité différente viennent jouer leur partition le temps d'un ou plusieurs moments du film pour le meilleur. Chacun avec sa personnalité tire son épingle du jeu et vient dynamiser l'ensemble du film. Des rencontres plaisantes et savoureuses où là encore chaque acteur prend son petit plaisir. Un casting cosmopolite comme on aimerait en voir davantage au cinéma.

Pour sa nouvelle réalisation, Ken Scott signe une comédie aux allures de feel-good movie qui se suit sans déplaisir. Même s'il n'est pas exempt de défauts, le film les tourne à son avantage pour un divertissement garanti.

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