Critique film
Publié le 09/03/2018 à 11h31 par Kévin Aubin
Bienvenue à Suburbicon
5,5 /10

Suburbicon est une paisible petite ville résidentielle aux maisons abordables et aux pelouses impeccablement entretenues, l’endroit parfait pour une vie de famille. Durant l’été 1959, tous les résidents semblent vivre leur rêve américain dans cette parcelle de paradis. Pourtant, sous cette apparente tranquillité, entre les murs de ces pavillons, se cache une réalité tout autre faite de mensonge, de trahison, de duperie et de violence... Bienvenue à Suburbicon.

George Clooney fait dès son plus jeune âge des apparitions dans les émissions de son père. Envisageant un temps de devenir joueur de base-ball professionnel, il se tourne vers le 7ème art. Ses débuts en tant qu'acteur sont placés sous le signe de la série Z, avant de jouer le rôle d'un pédiatre dans Urgences. Une série qui fera sa renommée et qui lui permettra de prendre un nouveau départ au cinéma. Ainsi, il joue dans de nombreux films dans des genres différents et devient une star mondialement connue. En parallèle de cette carrière florissante, il se lance dans la réalisation de quelques films remarqués mais pas toujours auréolés de succès où il se met également en scène.

En 2017, et pour la première fois, l'acteur/réalisateur se contente de rester derrière la caméra avec sa 6ème réalisation, Bienvenue à Suburbicon. En portant à l'écran un script des frères Coen , George Clooney signe un film qui déçoit, qui se cherche sans jamais véritablement se trouver. Un film sans identité qui joue sur plusieurs tableaux et qui perd le spectateur en route. Vendue comme une comédie policière à l'humour noir, l'œuvre se perd à raconter en arrière plan une histoire ségrégationniste. Celle d'une famille noire qui arrive à Suburbicon qui va subir le racisme et les harcèlements des riverains. La question que l'on se pose est que vient faire cette seconde intrigue dans le film puisqu'elle trop superficiellement traitée et en devient superflue voire inutile. Pourquoi ne pas avoir décider de se concentrer uniquement sur cette famille blanche, caricature de "l'american way of life", aux agissements douteux. Il y avait matière à faire, et surtout à raconter beaucoup de choses avec cette histoire et ces personnages. Malheureusement, Clooney peine à tirer parti de l'une des deux histoires et la satire de cette petite société hypocrite et raciste de la fin des années 50 n'a pas lieu. Résultat, le métrage manque de rythme surtout dans sa première heure où les dialogues s'enchaînent sans grand intérêt avec un ton un peu trop monocorde sur la durée. Heureusement que la dernière demi-heure est là pour relever un peu l'ensemble avec quelques rebondissements bienvenus. Mais il faut bien avouer que le film aurait pu être jouissif si le réalisateur s'était lâché davantage.

Cette sensation se ressent également dans la réalisation, propre mais sans prise de risque. La mise en scène est convenable tout en étant efficace, les décors soigneux et bien rangés s'inscrivent bien dans l'ambiance idyllique de la ville de Suburbicon, la photographie est claire, colorée avec quelques touches plus sombres et marque bien le contraste entre la bonne humeur environnante et le protectionnisme des habitants, et la bande-son signée Alexandre Desplat est adaptée à chaque scène du film. Une réalisation à l'image du film, propre sur la forme mais qui dans le fond peine à convaincre.

Matt Damon mène le film en incarnant Gardner Lodge, un homme aimant et sérieux en apparence mais qui à une part de mystère. Dans le rôle l'acteur est plutôt bon et pleinement investi. Malgré cela, on sent que son potentiel n'est pas exploité à sa juste valeur et sa performance d'acteur est mi-figue mi-raisin. Pour l'accompagner, Julianne Moore prend plaisir à jouer deux rôles. Deux jumelles au tempérament légèrement différent dont l'une est assez fantasque et prête à tout pour s'en sortir. Là encore, son talent d'actrice aurait pu être davantage exploité. Mention spéciale au jeune Noah Jupe qui trouve ici un premier grand rôle dans lequel le jeune acteur excelle. Et l'apparition d'Oscar Isaac en inspecteur des assurances est percutante et fait son petit effet.

Pour sa nouvelle réalisation, George Clooney signe un film en demi-teinte qui s'annonçait comme jouissif mais qui malheureusement reste convenu. Même le casting se perd parfois et n'est jamais pleinement exploité. Dommage malgré quelques bons moments.

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